L’église d’Esbly

L'église Saint Jean-Baptiste d'Esbly

eglise4L’église a été édifiée par l’abbé-prieur de Verdelot et seigneur du village à l’emplacement du pressoir banal. Il s’agit d’un édifice à trois nefs. L’abside est de forme semi-circulaire et porte la longueur de l’édifice à 26 mètres. Côté sud, les deux collatéraux s’achèvent par une façade en quart de cercle. Côté nord, les deux chapelles sont formées par la dernière travée de ces collatéraux et créent un transept. Une croix latine apparaît à l’extérieur. Le tiers inférieur du fût octogonal du clocher est plein et revêtu d’un bardage en ardoises. La partie haute renferme le beffroi et huit baies à claire-voie y sont disposées. On accède dans le clocher par une trappe dans le plafond au-dessus de la tribune. Le chœur de l’église abrite un retable de 1695 qui représente le baptême de Jésus par saint Jean Baptiste. Il est signé Labbé et porte l’aigle aux ailes déployées du blason Charlet, famille d’Esbly éteinte pendant la Révolution. Le maître-autel, avec ses portes latérales, date du XVIIe siècle. Le cul-de-four de l’abside a reçu un décor peint en 1935, œuvre de M. Camus, habitant d’Esbly, représentant le Sacré Cœur. Les retables des bas-côtés datent aussi du XVIIe.

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Quand Thérèse-Marie sonne le « si »

Thérèse-Marie rythme vos journées mais vous ne la connaissez sans doute pas. C’est le nom de la cloche d’Esbly, qui depuis 1938, accompagne les grands moments de votre vie.

La cloche d’Esbly a été baptisée le 8 octobre 1938. Le cérémonial de la « consécration » (terme officiel du baptême) ressemble à s’y méprendre à celui d’une personne : Thérèse-Marie fut ainsi revêtue d’une aube blanche. Elle reçut l’onction en présence de ses parrain et marraine : Gilbert Moritz et Liliane Dumareille, deux enfants du catéchisme représentant les paroissiens. C’est l’évêque de Meaux, monseigneur Evrard, qui bénit le sel et l’eau, lava la cloche avec le liquide béni, et lui donna son nom de baptême : Thérèse-Marie.

cloche2Ce 8 octobre, on imagine que toute la population fut rassemblée dans l’église Saint-Jean-Baptiste aux côtés du maire, Paul Desagneaux. Tant de paroissiens et bienfaiteurs avaient participé, à leur façon, à la fabrication de la cloche ! Soit en donnant des clous et de la ferraille, soit en remettant sa contribution à L’abbé André Marguier.

Façonnée dans les célèbres fonderies d’Annecy, Thérèse-Marie, 325 kg, se mit à sonner le « si » dans Esbly. Sur son ventre, figure une inscription : « je sonne la paix, la concorde des âmes en toi, Dieu tout puissant, que tous s’aiment en t’aimant ».

Comment sonne-t-on les cloches ?

Depuis 1905, c’est le maire qui régule, par arrêté municipal, les sonneries de cloche de l’église sur la commune en accord avec l’autorité cultuelle.
Thérèse-Marie sonne l’Angélus trois fois par jour à 8h05, 12h05 et 19h05. Elle sonne toutes les heures de 7h à 22h.
Vous l’entendez à chaque cérémonie religieuse, mariage, baptême, communion et enterrement. Elle ne peut pas sonner à des fins civiles, sauf en cas de danger immédiat.

Deux tableaux de l’église restaurés

Deux toiles de 1995, « le baptême du Christ » et « La Sainte-Famille », viennent de retrouver leur place dans l’église d’Esbly.
Les deux peintures, classées par les Monuments historiques, ont subi un lifting chirurgical remarquable.

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Scalpel, injections, nettoyage par aspiration et brossage : les deux tableaux ont été soumis à un véritable travail chirurgical. Le résultat est impressionnant : les visages réapparaissent, débarrassés de l’épaisse couche de vernis oxydé. Les toiles ont été retendues sur des boiseries sculptées, les retables, eux aussi rénovés.
Le projet de restauration, d’un coût total de 28 949 €.HT, a largement bénéficié des aides publiques : la DRAC Ile de France a subventionné le projet pour moitié, le conseil général de Seine-et-Marne a contribué à hauteur de 30%, 20% restant à la charge de la commune.

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Patrimoine religieux et historique

Les deux huiles sur toile sont signées Nicolas Labbé, peintre doreur du roi.
Elles portent les armoiries des Charlet, derniers seigneurs d’Esbly. Classées aux Monuments historiques depuis 1957, ces oeuvres constituent un patrimoine religieux et historique indéniable. « Je les utilise durant les cérémonies de baptême, et elles m’inspirent lors des messes », affirme Bruno Beltramelli prêtre de la paroisse, qui rassemble entre 300 et 400 personnes sur les trois messes du week-end.

Si l’église remplit sa mission de culte, elle est aussi un lieu culturel qui accueille plusieurs concerts par an. Le bâtiment le plus ancien du village est ouvert à la visite. Les Esblygeois comme les touristes seront donc nombreux à pouvoir admirer les peintures et retables restaurés.

D’autres oeuvres sont très abimées

D’autres projets de restauration sont envisagés. Les piliers de l’église, cacheraient en effet des peintures décorées d’une bande de fleurs stylisées au pochoir et un décor de fausses pierres, datant du 17ème siècle.
Enfin, sur le retable qui abrite la statue d’une Vierge à l’Enfant et son tabernacle, le constat fait état de filets autrefois dorés à la feuille d’or, de boiseries vermoulues, et d’un état globalement très altéré.

Nicolas Labbé, « painctre » du roi

Les Labbé étaient une dynastie de peintres doreurs. De père en fils, ils s’appelaient tous Nicolas, et signaient donc N… ce qui complique l’attribution de leurs oeuvres.
Le premier Labbé connu était attaché à la cour de France sous le règne de Charles IX (1560-1574).
A l’époque, les artistes étaient considérés comme des artisans. Ils devaient tenir boutique, et avoir des apprentis. Contre le gite et le couvert, ces apprentis devaient au Maître un certain nombre d’années de travail. A l’issue de leur contrat, ils devaient présenter leur « chef d’oeuvre » pour devenir Maîtres à leur tour.
Il est possible que les deux retables restaurés constituent le « chef d’oeuvre » de Nicolas Labbé, reçu Maître à l’Académie de Saint-Luc en 1699.

Une rue de la Résistance des Champs Forts à Esbly porte le nom de Nicolas Labbé.


 

Image2Les églises de nos villages renferment de petits trésors que nous vous offrons de découvrir au travers de petits films réalisés par Jacques Piedeloup, passionné d’art religieux. Ces reportages sont de petits chef-d’œuvre.

En effet, si vous avez le loisir de visiter les villes et villages de la Communauté de Communes du Pays Créçois, vous aurez peut-être la déception de trouver l’église fermée.

Mais si vous disposez d’un smartphone, le QR code apposé à l’entrée de l’église, comme par magie, vous permettra de visionner le film consacré à l’église.

C’est là la vocation première de la réalisation de ces petits films !

Ci-dessus, voici le QR code apposé sur l’église d’Esbly.

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