Les figures d’Esbly

Bernard Papin, noble capitaine

PAPINMalicieux et bienveillant, Bernard Papin nous manque. Le connétable et capitaine des archers d’Esbly a tiré sa révérence à 70 ans, le 18 mars 2016 : « Mesdames, Messieurs, je vous salue » aurait-il aimé dire, comme c’est la tradition avant chaque tir de la première flèche.

Bernard Papin fut l’homme de toutes les générosités : le Bernard jardinier qui aimait à fleurir sa maison et voir la Compagnie d’arc bien entretenue. Le Bernard attentionné, qui offrait une fleur à chaque dame et un peu de chocolat à chaque homme au repas de la Saint Sébastien, patron des archers. Le Bernard cuisinier qui aimait à régaler ses amis. Le Bernard archer qui faisait briller haut les couleurs d’Esbly, huit fois « roy de la compagnie », puis « Roy de la famille de Brie », emblématique capitaine, connétable et président de la compagnie d’arc d’Esbly.

Elu dévoué

Le Bernard conseiller municipal était tout aussi discret et actif. Il a exercé trois mandats successifs entre 1997 et 2014 avec abnégation : avant tout pour servir et travailler, sans jamais se mettre en avant. « D’accord me disait-il, si je peux être utile, si je ne prends la place de personne. Il voulait être à la hauteur de ses engagements » se rappelle Madame le maire.

« Il a travaillé très dur pour faire homologuer le mur en Stramit du gymnase » se souvient Martine Coquery – archère.

Attentif aux gens

Le Bernard généreux a répondu présent à presque toutes les manifestations esblygeoises. Faisant jaillir les flammes du feu de la Saint-Jean allumé par ses flèches. Derrière les fourneaux pour le Téléthon. Soutenant les jeunes au conseil d’administration du collège d’Esbly. Aidant les blessés de la vie au centre communal d’action sociale.

Discret mais partout présent, Bernard Papin a su gagner le cœur des Esblygeois, inspirant l’amour tel l’archer Cupidon.

Pascal Courson, le goût des autres

Syndicaliste, communiste et croyant. Rien d’antinomique pour Pascal Courson, qui, en 56 ans de vie, a toujours eu la passion des autres. Itinéraire d’un personnage haut en couleurs qui vient de nous quitter, mais restera dans le coeur des Esblygeois.

Pascal, sourire à l’américaine, trône dans le salon de la famille Courson. Ce même sourire qui a fait chavirer le coeur de Sylvie, 40 ans auparavant.

pascal-courson

Le 28 novembre 2014, Pascal est parti après s’être battu vaillamment contre la maladie.
Pourtant, nous dit le père Bruno, « Pascal était et restera toujours au milieu des autres ». 500 personnes sont venues lui rendre hommage le 3 décembre à l’église Saint-Jean Baptiste. Un lieu qu’il connaissait et fréquentait avec passion.
« Pascal était membre de l’équipe d’animation pastorale à l’aumônerie des jeunes.
Très Croyant, il était aussi très actif au Secours catholique d’Esbly » explique le prêtre. « Mais sa vie ne se résume pas à sa foi : Pascal était aussi très engagé dans le syndicalisme et dans le parti communiste » sourit-il.

Pascal, c’était « Peppone et Don Camillo réunis »

Un curieux mélange qui trouve peut-être ses origines dans la petite enfance de Pascal.
Né à Paris 18e, il est l’aîné d’une fratrie de 4 enfants. A ses côtés, une grand-mère paternelle très croyante, un grand-père militant au parti communiste, mais fervent amateur de musées et d’églises, marqueront sans doute sa destinée.

Sylvie et Pascal tombent amoureux au collège. Se perdent de vue, se retrouvent aux puces de Saint-Ouen à 17 ans. Elle, blouson noir, lui, plutôt baba cool, part faire l’Armée. Seconde séparation, qui sera la dernière. Pascal rentre et « on ne s’est plus jamais quittés » confie Sylvie.
Mariés à l’église d’Esbly « pour me faire plaisir », le jeune couple forme une belle famille. Quatre enfants, Laetitia, Erwan, Marc David et Geoffrey, font leur bonheur.

Changer le monde

Pascal est alors machiniste receveur sur la ligne de bus 31. Il finira par conduire le Noctilien, avant d’être nommé syndicaliste permanent à la RATP. Son cheval de bataille : apaiser les tensions, en discutant inlassablement avec tous, les collègues comme la hiérarchie … Couché à minuit, levé à 4h du matin, Pascal se donne à fond. Toujours joyeux, mais aussi anxieux, à fleur de peau, il veut refaire le monde.

Il finira par trouver le chemin dans la foi.
Très affecté par la mort de son père en 1991, Pascal suit un ami à la messe. Une phrase du prêtre le bouleversera à jamais.
Le nouveau croyant pratique sa foi comme tout le reste : avec ferveur. L’un de ses fils se souviendra longtemps de sa première communion : son papa, 35 ans, est à ses cotés, il fait lui aussi sa première communion.
« Un moment magique, inoubliable » pour la famille Courson.

Quand il vous saluait, c’était avec sincérité

L’infatigable Esblygeois s’investit à l’aumônerie des jeunes, encadre le catéchisme. Au Secours Catholique d’Esbly, Pascal a toujours un regard pour chacun. Pour lui, chaque personne compte. Aimé, un jeune ivoirien de l’association, aujourd’hui bien intégré et père de famille, l’appelle « mon petit papa ».

« Quand il vous saluait, c’était avec sincérité, pas par simple politesse » se remémore aussi Valérie Pottiez-Husson, le maire d’Esbly.

Toujours sur les chemins, en pèlerinage, Pascal ne s’arrête jamais. « Le jour de la venue du Pape à Paris, nous avons pris le bus pour aller le voir, puis nous sommes revenus tenir le stand à la fête de l’Humanité. Nous avons peu dormi ce weekend là ! » raconte Sylvie.

pascal-courson2Alain Deleu, un ami, témoigne des weekends de marche vers Jouarre auxquels Pascal participait régulièrement. « Nous formions un groupe ouvert, entre randonneurs et pèlerins. Nous restions au monastère jusqu’au dimanche, en échangeant fraternellement nos expériences de vie, tantôt joyeuses, tantôt douloureuses. Il aimait se lever dans la nuit pour rejoindre l’office de Vigile. Pascal continuera de marcher avec nous sur nos chemins de Jouarre et d’ailleurs, dans sa chaleur fraternelle ».

 

Pascal Courson avait reçu la médaille de la Ville d’Esbly en 2013 pour son dévouement.
Patrick Kientz : des photos pour partager

patrick-kientzSi Patrick Kientz vit avec sa famille à Esbly, en France, c’est le Kenya qui est devenu le second pays de ce photographe animalier reconnu et talentueux.

Depuis une quinzaine d’années ce chef d’entreprise en informatique se passionne pour la photo et plus précisément pour la photo animalière.

Saint-Cyrien, après une carrière militaire marquée par de longs séjours en Afrique Centrale et de l’Est, la disparition prématurée de son père qui lui avait communiqué le virus de la photo, et un changement radical de sa vie professionnelle, Patrick Kientz a découvert le Kenya, et ce premier voyage fut une révélation.
« C’est aujourd’hui un véritable luxe de pouvoir sortir en pleine nature sans croiser personne » explique Patrick lorsqu’il évoque ses reportages en Afrique.
Après ce premier safari en 2005 et la découverte de l’incroyable faune du Kenya, Patrick Kientz ne passera désormais jamais plus de quelques mois sans y revenir.
Il faut dire que sa passion lui prend, comme il le reconnaît « 90% de (mon) temps libre ».

Passionné de félins et de primates, le photographe, d’abord amateur et débutant, se perfectionne vite et participe dès 2006 au Festival international de photo animalière et de nature de Montier en Der, dont il remporte le premier prix grâce à un superbe cliché de zèbres.

Membre actif de l’Association Sportive de Chasse Photographique Française (ASCPF), il s’investit aussi dans le suivi des espèces animales sédentaires ou de passage en Ile de France. « La nature ne nous appartient pas, on doit la partager avec les autres espèces » explique d’emblée le photographe, témoin privilégié d’une faune parfois en voie de disparition sur certains continents.

Bien entendu, Patrick Kientz ne s’embarque jamais au hasard et chaque voyage, chaque repérage, est préparé minutieusement, souvent avec le concours de son épouse, qui l’accompagne dans de nombreux voyages.
« Connaissance des espèces, patience et constance sur le terrain » sont les vertus d’un bon photographe animalier nous explique Patrick Kientz qui, depuis quelques années, a élargi ses horizons à d’autres paysages et d’autres climats.

Après le jaguar et le ara hyacinthe d’Amérique Latine, l’orang outan et le dragon de Komodo d’Indonésie, Patrick Kientz vient de s’immerger dans un autre incroyable sanctuaire de la vie animale, l’Alaska, dont il rentre à peine, et où il a réalisé des clichés extraordinaires de grizzlis chassant les saumons. Il repart à la fin du mois toujours en Alaska, mais cette fois-ci au Nord du cercle polaire pour poursuivre son travail photographique sur les plus grands carnassiers terrestres, les ours polaires.

Lorsqu’on lui demande de citer quelques anecdotes marquantes, Patrick Kientz se souvient avec émotion avoir assisté à la naissance d’un lionceau, ou avec effroi à la charge d’un bison !

Témoin précieux des évolutions climatiques qui influencent profondément la vie animale de notre planète, Patrick confie volontiers combien « cette passion permet de faire passer des messages aux jeunes générations ».
C’est d’ailleurs dans cet esprit qu’il exposera plusieurs de ses oeuvres en mars 2015 à Crécy la Chapelle, lors d’une exposition commune « Expressions animales » combinant photos d’animaux sauvages et d’animaux domestiques.

Attaché à l’esthétisme de son travail, Patrick Kientz reconnait être motivé par l’idée de présenter de « belles images », bien loin de la consommation immédiate de certains réseaux sociaux.

Retrouvez le site de Patrick Kientz sur : www.patrickkientz.fr

Charles Dufaut, ancien maire

charles-dufautCharles Dufaut, maire d’Esbly de 1977 à 1983, s’est éteint le 18 septembre 2013. Un hommage lui a été rendu publiquement par Madame le Maire, le 24 septembre, sur le parvis de la Mairie en présence de nombreux esblygeois, d’anciens collègues et de membres du personnel communal.

Certains l’avaient connu personnellement. Beaucoup étaient simplement venus pour le remercier de ce qu’il a fait pendant ces années où il a présidé à la destinée de notre ville.

Tous pouvaient témoigner que ses fonctions de maire ne l’avaient nullement détourné de ses amitiés, de ses convictions. C’était un homme fidèle, fidèle en amitié, fidèle à son devoir de maire, fidèle à sa commune.
Né à Paris en 1931, Charles Dufaut, ingénieur, avait la passion de la justice, de la solidarité et du respect de chacun, déployant une activité inlassable. Toujours disponible, concret, lucide, attentif, il veillait à ce que l’action municipale reste proche des habitants et des préoccupations de tous les jours.

En tant que maire, il a cherché à moderniser Esbly dont les équipements étaient devenus sous dimensionnés du fait de l’accroissement de la population.
Sa préoccupation principale a été de faire de notre commune un lieu de vie attrayant pour conserver ses habitants et aussi intégrer les nouveaux, tout en préservant l’identité de la commune face à la pression immobilière.
Parmi ses réalisations, on peut citer l’implantation aux Champs Forts de la cantine scolaire Robert Thidet, maire-adjoint aux affaires scolaires décédé au cours de son mandat.

Dans tous les milieux, il comptait de solides amitiés, sa compétence, sa loyauté, et aussi sa bonne humeur, faisait souvent de lui l’arbitre choisi pour solutionner les questions les plus diverses et ses décisions, toujours marquées au coin du bon sens et de l’équité, faisaient autorité. En effet, sous son humanité profonde et sa bonhommie réelles, sous la gentillesse qui rayonnait de sa personne, émanait une volonté souriante mais ferme, une autorité qui s’affirmait.

Une vie comme celle de Charles Dufaut ne s’éteint pas.
Elle continue de briller par son empreinte au sein de notre commune.

Ginette Bouvier, le sens de l’amitié

ginette-bouvierA Esbly, c’était Gigi ou encore Mamie Bouvier ! Ginette Bouvier, décédée le 27 mars 2013, manque à de nombreux Esblygeois.

Et pour cause ! On la retrouvait en Père Noël lors des fêtes de fin d’année du Centre de loisirs, tenant la buvette du 14 juillet, tartinant les crêpes au Club de l’Amitié, cachant les oeufs de Pâques pour les enfants, souriante sur un char fleuri, dansant lors des fêtes … Elle était partout dans la vie associative locale !

Depuis 25 ans, Gigi – au sens de la répartie bien connu – était une bénévole plus que dynamique. Notamment au Club de l’Amitié où elle encadrait nombre d’animations, mais aussi aux Restos du Coeur, au Téléthon, au Comité des fêtes, au Parcours du Coeur … la liste est trop longue !

Elle avait coutume de dire que « donner de soi, de son temps, c’est aussi recevoir ».
Elle a beaucoup donné.

Francine Beller, une des grandes figures de la vie associative esblygeoise

francine-bellerToute sa vie, Francine Beller aura été très active, s’investissant pleinement dans tout ce qu’elle faisait … et menait à bien tout ce qu’elle entreprenait.

Professeur de mathématiques, Francine a enseigné au Raincy puis à Meaux, et était appréciée de ses collègues et tout autant de ses élèves.

C’est avec autant d’enthousiasme qu’elle s’est investie dans de nombreuses associations d’Esbly : l’Association familiale rurale dont elle était la présidente depuis l’an 2000, le Volley-ball féminin, l’association mycologique, le Téléthon où elle était encore présente, malgré sa maladie, l’hiver dernier …

« Francine, c’était aussi et surtout, se souviennent ses amis, les fleurs de son jardin de la rue des Vignes auxquelles elle consacrait chaque jour un peu de son temps … et beaucoup d’amour ! ».
Ce jardin où se sont égayées ses deux filles, Sylvie et Carole.

Frappée par la maladie, Francine Beller s’est éteinte le 23 mars 2013, entourée des siens.

On n’a pas tous les jours… 100 ans ! Yvonne Espinasse

yvonne-espinasseUne belle personne s’en est allée, et avec elle une partie de la mémoire de notre commune :
Yvonne Espinasse a vécu un siècle à Esbly, marquant les coeurs et les esprits.

« Enfant, Mademoiselle Espinasse m’impressionnait. Pas de cette crainte que l’on ressent face une personne hostile. Plutôt de la révérence que l’on éprouve envers les personnes qui, naturellement, inspire le respect. Et pour tout enfant le sentiment de respect fiche un peu la trouille » se souvient Valérie Pottiez-Husson, maire d’Esbly.
Petite silhouette menue et volontaire, Yvonne Espinasse montait encore, à 100 ans, la côte menant à sa maison.
Cette ville, elle l’a aimée, parcourue, et y a vécu les moments forts de sa vie.

Garçon manqué

Yvonne a cinq ans après la première guerre. La liberté retrouvée, la petite fille et ses frères aiment passer leurs journées au grand air, à grimper aux arbres et à jouer dans les marais.
Faire voguer des bateaux de papier dans les rues, inventer des bêtises, suivre la retraite aux flambeaux et participer aux concours de pêche : un vrai bonheur pour ce petit « garçon manqué » comme elle aimait se définir !
Yvonne grandit et révèle un altruisme certain. La jeune paroissienne est aussi mélomane. A 20 ans, elle remplace pour la première fois la femme du pharmacien à l’harmonium.
L’organiste accompagne tous les événements de la paroisse, heureux et moins heureux, pendant 40 ans.

Infirmière

Quand la seconde guerre mondiale éclate, Yvonne n’hésite pas : elle s’engage auprès de la Croix-Rouge en tant qu’infirmière. Elle y découvre les rudiments du métier : « J’ai appris à faire les piqûres et les prises de sang là-bas » souriait-elle à qui aimait l’écouter.
A la Libération, elle effectue plusieurs stages dans les hôpitaux parisiens.
Réconforter les malades l’éveille à sa vocation. Après deux années d’études, Yvonne décroche son diplôme : elle sera assistante sociale.

Assistante sociale

A l’hôpital de Meaux, elle accompagne les femmes enceintes en difficulté.
Aider des mamans à partir en vacances, réconcilier de futurs parents, suivre les enquêtes sociales, tel est son lot quotidien, et elle l’assume avec entrain malgré les obstacles. Yvonne visite aussi les détenus dans les prisons : « pouvoir aider nous réconcilie avec la vie » aimait-t-elle rappeler.
La demoiselle entre au Bureau d’Aide Sociale d’Esbly – qui deviendra le Centre Communal d‘Action Sociale en 1986. Elle est chargée de mettre en oeuvre le Club de l’Amitié pour les seniors par le maire de l’époque, Marcel Fouillot.

Conseillère municipale

A la retraite, point de repos ! La demoiselle entre en politique et est élue conseillère municipale en 1971. A 95 ans, Yvonne continuera de siéger au CCAS.
Yvonne n’aime pas les honneurs.
Femme de coeur et de conviction, elle sera pourtant très touchée par l’attention de l’évêque de Meaux le jour de son centième anniversaire, le 24 février 2013. Dans l’église Saint Jean-Baptiste qu’elle connait bien, Yvonne écoute la lecture par le prêtre Bruno Beltramelli, des félicitations de l’évêque Jean-Yves Nahmias.
Elle reçoit l’hommage des élus communaux qui lui concoctèrent une fête magnifique, ô combien méritée, qui l’émue aux larmes. Une consécration pour une vie au service des autres.

Merci, Mademoiselle !

René Desagneaux, une mémoire d’Esbly

Il entretenait aussi bien ses racines que ses ailes.
René Desagneaux était amoureux d’Esbly jusqu’à l’entêtement, jusqu’à l’obsession.

Notre ville a été sa porte d’entrée dans notre monde, par une froide nuit de 1920. Il y a grandi, s’y est épanoui.
Avec ses quatre frères, il jouait sur les bords de la Marne et du Morin. Mais son regard s’est très vite porté vers l’horizon. À 15 ans, il découvre l’Angleterre. Sa mobilisation en 1939 freine ses aspirations, mais pour peu de temps. Après la guerre, il enfourche un Solex pour atteindre le Grand Nord. Un voyage qui lui procure nombre d’amitiés durables et une soif intarissable de l’Ailleurs.

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Après son mariage avec une Esblygeoise, Denyse Michaud, et l’ouverture d’une librairie à Paris, René Desagneaux se lance dans la création d’une agence de voyage. Dès lors, il parcourt le monde pour offrir les meilleurs services possibles à ses clients. Il fera ainsi près de 170 voyages ! Cet ancien étudiant en droit et sciences politiques fait partie des fondateurs en 1970 du groupement Selectour qui, maintenant, constitue un réseau de plus de 550 agences de voyage. Cette passion du lointain sera transmise à ses deux fils dont l’un est médecin à La Réunion et l’autre, consul général à Jérusalem.

rene-desagneaux2Mais les rues de son village, leurs artisans et commerçants, n’ont jamais quitté son esprit.
Le nostalgique décide d’y passer sa retraite, prise en 1981. Ce passionné de photographie sait comment remplir cette troisième vie. Les activités bénévoles, notamment dans le secteur du tourisme, l’occupent grandement. Les visites à ses fils aussi.

Il fonde en 1993 l’atelier d’histoire locale avec son compagnon de recherches, José Oster, qui se souvient avec admiration « de sa connaissance du passé et de toute la documentation qu’il a pu assembler ».
Sa grande mémoire était un trésor pour cette association.

« Il écrivait beaucoup, il voulait être un témoin de son environnement », raconte son fils Jean-Christophe. « Dans les familles, on racontait les histoires du passé, il a toujours voulu perpétuer cette tradition. » Si la nostalgie a eu parfois tendance à prendre le pas sur le présent, le nonagénaire a toujours cultivé le goût pour le partage intellectuel et la transmission.

La famille Desagneaux a laissé son empreinte à Esbly. Le père de René, Paul, a été maire à deux reprises, juste après la Première Guerre mondiale et juste avant la Seconde. Le nouveau restaurant du groupe scolaire des Champs Forts porte son nom. René, lui, a fait don à la paroisse d’une toile d’un peintre espagnol du XVIIe siècle, représentant le Saint patron d’Esbly, Jean-Baptiste, enfant. Juste avant d’entrer à l’hôpital à l’âge de 92 ans, il se souciait de sa mise en place … Comme pour s’assurer qu’il rendait bien à la ville d’Esbly une partie du bonheur qu’il y avait trouvé.
Il s’est éteint le jour même de l’installation du tableau dans l’église, le 20 octobre 2012.

Christian Septier, un homme haut en couleur

Difficile de trouver plus Esblygeois de coeur que ce parisien de naissance. Son enfance s’est déroulée du côté de la rue Clignancourt, dans le XVIIIe arrondissement, au pied de la butte Montmartre. Mais elle a été courte. Comme beaucoup de ses camarades, le « titi » a dû quitter l’école très jeune pour gagner sa vie. Il a alors multiplié les petits emplois : barman, caviste, tonnelier … Avant de trouver Amour et Stabilité.

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C’est Denise, rencontrée pendant les vacances, qui lui fait découvrir Esbly. Christian Septier épouse une femme et son village. Il entre alors au garage Luce, qu’il ne quittera plus. Avec Denise, il aura deux enfants, Eric et Valérie, qui sont, eux aussi, restés dans la région. Pas plus avare de coups de main que de coups de gueule, l’homme se faisait remarquer par son dynamisme et son inventivité à toute épreuve.

christian-septier2Dès 1985, il s’est investi dans la vie locale, en reprenant l’organisation des brocantes, celle notamment de l’école du centre, qu’il a lancée dans les années 1990, et en contribuant au succès local du Téléthon. Lui-même collectionneur invétéré d’assiettes, il a organisé les Salons de collectionneurs. Sa puissance de travail et son bagout de « parigot » font des merveilles. Il retrouve un milieu populaire qu’il a connu dans son quartier d’origine.

Le bon vivant à forte personnalité fait son entrée au conseil municipal en 1989, où il restera jusqu’en 2008. Malheureusement, des soucis de santé l’obligent alors à renoncer à briguer un nouveau mandat. Ce gaulliste convaincu, militant actif et déterminé, imposait un caractère entier et direct grâce à sa grande générosité et ses fortes capacités d’entraînement.
Christian Septier savait mobiliser et jouer les locomotives. Il allait au bout de ses idées et de ses actions sans s’enliser dans les discussions, mais n’oubliait jamais de reverser une partie des fonds récoltés lors des manifestations qu’il organisait à des associations caritatives.

Cet infatigable entrepreneur au service de la collectivité a ainsi marqué plusieurs Esblygeois.
« C’est ce grand coeur, grande gueule qui m’a donné le goût de l’action publique et je lui en sais gré », se souvient une de ses collègues, adjointe au maire, « il m’a appris à tenir bon quoiqu’il arrive, à défendre mes convictions contre vents et marées et, surtout, à être dans l’action en permanence. »

Mot de Mme le Maire (10/2012)

J’avais une énorme affection pour Christian, pour moi c’était un « Monsieur ». Il avait l’élégance du coeur et le franc-parler des hommes qui n’ouvrent pas la bouche pour ne rien dire.
Avec Christian, j’ai des souvenirs forts. Il a toujours été à mes côtés.
Depuis 1983, j’ai toujours pu compter sur ses conseils et sur son Amitié.
Je suis contente qu’une partie de sa famille continue à écrire l’histoire d’Esbly – son épouse qui a été une agente communale très appréciée et sa fille qui travaille dans un salon de coiffure de la commune.
C’est « un peu de lui » qui continue à exister pour moi et … pour nous tous.

Pierre Lafève, l’esprit de la générosité

Il connaîssait Esbly dans ses moindres recoins. Et les Esblygeois le connaissaient par ses engagements, ses passions ou tout simplement par sa silhouette qui arpentait les rues avec son inséparable vélo.
Pierre Lafève s’est éteint le 11 novembre 2011 à l’âge de 86 ans. Pierre Valteau, ancien président du club de philatélie, lui rend hommage.

pierre-lafeve

Pierre Lafève – Monsieur Lafève – c’est pour moi le voisin discret mais toujours serviable. C’est le formateur de la Croix
Rouge qui nous a enseigné les premiers gestes qui sauvent en nous préparant au brevet de secouriste ; c’est comme René Desagneaux ou José Oster, une des rares et précieuses références en matière d’histoire locale, mais c’était aussi un des fondateurs, un pilier de notre club philatélique, et c’est cette facette que je veux évoquer ici avec vous.

Il était avec quelques passionnés comme le Docteur Pierre, ou Roger et Christiane Messager, à la naissance du Club en avril 1947 : adhérent n°24, dès la création.
C’était un collectionneur comme je les aime. On dit que « dans tout collectionneur, il y un spéculateur qui sommeille ». Et bien, le mot « spéculation » ne faisait vraiment pas partie de son vocabulaire.

Il avait ses thèmes favoris : la Croix Rouge bien sûr, la montagne … mais il était ouvert à tous les sujets et je n’hésiterais pas à dire qu’il faisait rimer philatélie et culture.
Pour lui, le château de Fontainebleau n’était pas d’abord le n°878-12 F – brun violacé, cotant 1,10 €. Il vous aurait dit que cette magnifique bâtisse est élevée en blocage, car le grès de la forêt se débite mal en pierres de taille, qu’il n’a cessé d’être habité depuis les derniers Capétiens jusqu’à Napoléon III, et vous aurait appris sans doute que Philippe IV le Bel y naquit en 1268 et qu’il y mourut en 1314 des suites d’une chute de cheval. Qu’on en vienne à parler du Pont du Gard ou du Viaduc de Millau, alors il était intarissable.

Je l’ai dit, Pierre Lafève était un pilier de notre club, au sens « rugbystique » du terme. Un pilier à la fois solide et actif.
Avec près de 65 ans de sociétariat –un engagement et une fidélité que l’on peut souligner–.
Il était un peu le « gardien du Temple », lucide, ferme, mais appréciant les efforts, si variés soient-ils, faits pour la collectivité. Il était toujours présent, même lorsque ces temps derniers, la maladie lui a posé des problèmes de locomotion que beaucoup d’autres n’auraient pas surmontés, toujours prêt à apporter son concours.

Il y a la générosité du coeur, il y a aussi celle de Pierre Lafève, l’esprit de la générosité l’esprit, et Pierre Lafève, par ses présentations philatéliques, précises, dans un langage châtié, comme dans ses relations personnelles, faisait volontiers partager ses connaissances et ses compétences. Sa visite commentée des Ponts d’Esbly, le 23 septembre 2000 : illustration sur le terrain de son article dans « Esbly d’hier et d’aujourd’hui » après une causerie en 1994, reste dans la mémoire de tous les participants.

Je suis enseignant, mais je ne suis pas gêné pour dire qu’il n’y a pas besoin d’être enseignant pour enseigner. Pierre Lafève en est une preuve. Il y a des mots à la mode qui souvent traduisent une situation. On entend beaucoup « se reconstruire ». Il vaudrait mieux déjà se construire. Je pense que par ses convictions, ses connaissances, ses compétences, Pierre Lafève a fait beaucoup pour la construction de ceux qui ont eu la chance de le côtoyer.

Il est du petit nombre de ceux avec qui l’on est heureux de fier d’avoir cheminé. C’est toujours avec eux que nous poursuivons notre route.

Pierre VALTEAU.
Esbly, le 18 novembre 2011

Bernard Lebray et Geneviève Mercier

Portrait Lebray MercierBernard Lebray et Geneviève Mercier, dirigeants du CECE : Complices Et Carrément Efficaces !

Quand l’un commence une phrase, l’autre la termine. C’est ainsi que fonctionne, depuis 37 ans, la direction bicéphale du Cercle d’Etudes et de Culture d’Esbly.

Le président et la secrétaire de l’association seraient-ils « jumeaux » ? « Nous habitons le même quartier, nos familles sont amies » confient le président et la secrétaire du CECE.

Geneviève Mercier et Bernard Lebray ont presque le même âge, partagent les mêmes convictions, taisent les difficultés avec une  élégance et une discrétion identiques. Mais voilà : aucun n’aime parler de lui… Alors c’est l’autre qui le raconte :

Bernard, sortant une archive de 1945 :

« le CECE existe depuis très longtemps ! Resté en sommeil plusieurs années, il a été réouvert en 1977 par Mme Jacqueline Courson avec la section danse. Nous dirigions, chacun de notre côté, deux petites associations qui ont intégré le CECE en tant que sections dès 1980. »

Geneviève :

«Toi c’était le twirling bâton, moi la musique. Nous venions chercher nos enfants et aimions suivre leurs activités, c’est ainsi que nous nous sommes retrouvés à la tête de ces sections ».

« Petites mains » au grand cœur

Les années suivantes, le CECE s’étoffe avec de nouvelles activités : informatique, dessin et peinture, culture antillaise, modelage… Chaque section fonctionne avec son propre bureau. Au décès de M. Jean-Claude Courson, Bernard et Geneviève reprennent les rennes aux côtés de Jacqueline.

37 ans après, ils sont encore présents sur tous les fronts : « Le temps que nous y passons ? C’est variable, en mai et juin c’est du plein temps» raconte-t-elle. « Surtout pour toi qui fais le Téléthon, le parcours du cœur, la fête de la musique… » renchérit son binôme.

Gentillesse, dévouement, disponibilité… Leurs voisins et amis ne tarissent pas d’éloges, ce qui déplait un peu à nos deux personnalités qui ont horreur d’être mises en lumière !

Pour durer, à chacun ses secrets

Ont-ils un secret pour assurer ces années de bénévolat sans fléchir ? Spontanément Geneviève cite « la complicité et l’amitié, la bonne volonté, et savoir poser des limites ». Certaines tâches peuvent en effet s’avérer ingrates : « Gérer des salariés, c’est très dur, par exemple », explique la secrétaire. «Contrairement à ce que certains croient, un bénévole ne gagne pas d’argent, bien au contraire : il utilise sa voiture, paye son carburant et le rouleau de scotch qui manque. Il doit résister à la pression de l’entourage car il est peu disponible »…

« Parfois, nous pensons arrêter! » reconnaissent en cœur les dirigeants.Bernard se réfugie alors dans son jardin ou s’échappe en famille dans le sud… Et Geneviève s’occupe aussi de son jardin! Geneviève déconnecte avec les loisirs créatifs, les sorties culturelles et les petits-enfants. Mais, les moments chaleureux effacent tout. Et quand revient l’ouverture de saison, ils sont là, toujours fidèles !

Michèle Gaberel

Si la politique ne vous passionne plus, c’est que vous n’avez pas rencontré Michèle Gaberel. La militante communiste, disparue en décembre 2015, a joué les « poils à gratter » à Esbly. Pour le plus grand plaisir de ses amis, elle débattait avec humour de tous les sujets.

Militante de la première heure, Michèle a connu les barricades en mai 68 après avoir quitté sa région natale de Lons-le-Saunier.

Elle habite quelques temps à Montfermeil. En semaine, Michèle travaille comme laborantine dans le cabinet pharmaceutique Roussel Uclaf, à Romainville. Elle a également des activités au centre social du Raincy.

Michèle emménage à Esbly en 1974.

Militante syndicale, elle devient représentante permanente du personnel du laboratoire dans les années 80, puis entre au Parti Communiste.

 Jamais politiquement correcte

Le débat d’idées est son dada. Secrétaire de rédaction à la revue philosophique « La pensée », Michèle écoute, consolide sa pensée militante.

Même avant que sonne l’heure de la retraite, Michèle s’engage dans la politique locale à Esbly.

Elle sera conseillère municipale d’opposition de 1989 à 2014. Valérie Pottiez-Husson, jeune élue à l’époque, s’en souvient avec émotion : « Que de joutes oratoires et de batailles d’idées qui nous faisaient coucher à des 2 heures du matin, voire davantage ! Ce n’était pas une femme qui « roulait pour elle ». C’était naturel pour elle de servir, de se mettre au service des autres. Jamais politiquement correcte, même dans son propre parti. »

Ses amis racontent la femme de conviction et courageuse, têtue mais si tolérante !

M. et Mme Masse, voisins et amis : « des meetings dans le train Esbly-Paris»

« Nous l’avons connue en arrivant à Esbly en 1987. Voisins, nous prenions le même train chaque matin. De fil en aiguille, un petit groupe s’est formé avec des gens de tous horizons. Nous tenions meeting tous les matins, ça plaisantait sec et nous faisions beaucoup de bruit, une travée entière nous était réservée ! Michèle était l’animatrice de notre groupe, le « boute-en-train » qui blaguait sans arrêt. Nous avons petit déjeuné dans ce train, fêté des anniversaires au champagne ! Michèle, c’était une rebelle sympathique, toujours dans la convivialité. »

 Marie-Louise Riu, son amie : « Michèle, un pilier de l’association Familles Rurales »

« Nous nous sommes connues aux Familles Rurales en 1987. Elle m’a fait découvrir l’association, nous participions aux sorties culturelles ensemble. Puis nous avons fait partie de la commission du C.C.A.S. Elle était toujours serviable et à l’écoute. Michèle était une femme très souriante, avenante et tellement agréable. Je l’aimais beaucoup. ».

Denise Guerin, ancienne Adjointe au Maire au C.C.A.S. : « des débats houleux au C.C.A.S. »

« Elle était conseillère municipale de l’opposition, j’étais dans l’équipe de la majorité. Nos premières rencontres ont été houleuses ! Quand elle a été élue au C.C.A.S., nous avons appris à travailler ensemble. J’ai beaucoup apprécié sa collaboration, de 1989 à 2014. Nous n’avions pas toujours les mêmes réactions sur certains sujets, mais nous composions, nous ne restions pas chacune sur nos positions…. Enfin, presque : systématiquement, Michèle refusait de voter le Débat d’Orientations Budgétaires, elle y mettait un point d’honneur. On se taquinait. Oui, je l’estimais beaucoup. »

Valérie Pottiez-Husson, une amitié profonde et sincère…

« Michèle ? Elle me manque – Ô combien ! Cette femme était un exemple dans la vie politique – sincère, droite, courageuse. Notre pays irait mieux si des gens comme elle étaient aux commandes. Et pourtant ! Elle était communiste et moi, de Droite. C’était mon Amie. Elle AIMAIT ESBLY comme je l’aime. Et je l’ai aimée comme j’aime Esbly».

 


La municipalité a rendu un hommage touchant le 17 décembre 2015 à Michèle Gaberel,

décédée à 73 ans des suites d’une longue maladie.


 

 

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