Histoire et Patrimoine

LA NAISSANCE D’UN VILLAGE

D’après le dictionnaire de Seine et Marne de Stern et Hubert, c’est vers 1140 qu’apparaît la première mention sous la forme « Capela Esbeliaci » de ce qui n’était encore qu’un hameau de la paroisse de St Germain les (ou sous) Couilly. Esbly a porté plusieurs noms au cours des âges : Abeli, Abelicum, Esbliaco, Esbliacum, E Beli, Ebli, enfin Esbly. La commune porterait son nom actuel d’Esbly depuis 1789.

canalLa situation géographique d’Esbly se caractérise par ses nombreuses voies d’eau : la Marne, le Morin, le Canal de Meaux à Chalifert, la branche alimentaire et le rû de Coupvray. Le franchissement de la Marne s’effectuait par un bac payant, celui du Morin par un péage dans le prolongement de la rue Victor Hugo. Au 13ème siècle Esbliacum comptait 280 âmes.

Certains bâtiments, témoins du passé d’Esbly, ont subsisté au travers des âges. Un premier moulin existait à Esbly en 1228 ; le moulin actuel a été construit en 1530 par la famille Charlet qui habitait le château situé à l’emplacement de l’actuelle rue Victor Hugo.

Une chapelle fut érigée en 1185 par l’Evêque de Meaux, Simon de Lizy. Un chapelain venait officier le dimanche. L’église, présente aujourd’hui sur notre commune, fut rebâtie sur un terrain donné par Monseigneur Charlet, Seigneur d’Esbly. Elle fut inaugurée le 24 juin 1692.

La terre d’Esbly est réputée bonne mais difficile à cultiver. Le coteau Nord (actuellement rue des Vignes) produisait dit-on les meilleurs vins de Brie. Un pressoir communal existait d’ailleurs à l’emplacement de l’église.

 

L’AGE DU CHEMIN DE FER

Sur les routes circulent diligences et services réguliers des malles-postes. Une ligne régulière de bateaux-poste sur le canal de l’Ourcq fonctionne à partir de 1820 entre Paris et Meaux jusqu’à … la concurrence du chemin de fer. Un projet de construction d’un chemin de fer de Paris à Strasbourg voit le jour en 1833.

trainLa locomotive à vapeur révolutionne les communications, les échanges sont multipliés.
La gare est initialement prévue à Coupvray, mais suite aux protestations des habitants inquiets pour leurs vignes et arbres fruitiers, c’est Esbly qui est retenue.

La main d’oeuvre locale nécessaire à la construction de la voie ferrée est insuffisante.
La compagnie fait appel à 300 à 400 ouvriers belges et autant d’auvergnats. La création de la gare en 1849 favorisera l’expansion du bourg et la région perdra peu à peu de sa ruralité. De nouveaux quartiers verront le jour dont celui du Parc.

En 1894, Esbly compte 600 habitants, un bureau de poste, une brigade de gendarmerie à pied. Après la guerre de 1870, un projet de voie ferrée dont l’objectif stratégique est de desservir la frontière de l’est devait rallier Esbly à Coulommiers. Une loi du 17 juillet 1879 mentionne cette ligne d’intérêt général. Après 23 ans d’études, d’expropriations, de contestations, la ligne Esbly-Crécy est inaugurée en 1902 ; son prolongement vers Coulommiers ne verra jamais le jour.

Le 23 juin 2002, la commune d’Esbly ainsi que les communes desservies par la ligne Esbly- Crécy ont organisé de nombreuses manifestations en l’honneur de son centenaire.

 

EN ROUTE VERS LE 3ème MILLENAIRE

Le 22 juin 1962, le dernier train à vapeur effectue le trajet Paris-Strasbourg. La ligne est totalement électrifiée.

villeEn 1967 Esbly comptait 2500 habitants. En 1974, l’aménagement des Champs Forts fit doubler la population. La création des villes nouvelles en Ile de France dont Marne la Vallée, l’ouverture du parc Eurodisney en 1992 suivi de son expansion Val d’Europe et du nouveau parc Disney Studio en 2002 développe cette région, mais Esbly sait conserver cet aspect semi-provincial qui a tant plu aux citadins quand ils venaient s’y reposer le weekend.

 

POPULATION LEGALE

La population légale en vigueur, à compter du 1er janvier 2015, est de 6065 habitants.

ESBLY (ESBLIACUM)

  • La localité relevait de l’archevêché de SENS et sa seigneurie de l’Abbaye de SAINT-GERMAIN-DES-PRES qui possédait le territoire de SAINT-GERMAIN-LES-COUILLY dans lesquels ESBLY se trouvait englobé avec MONTRY.
  • Il n’y avait à ESBLY qu’une chapelle où un chapelain qui venait officier le dimanche. Cette chapelle fut érigée en 1185 en église paroissiale par l’Evêque de MEAUX.
  • Les Abbayes de SAINTE-GENEVIEVE-DE-PARIS et de PONT-AUX-DAMES avaient quelques terres à ESBLY et notamment la vaste prairie qui s’étend du pied de COUPVRAY au Pont d’ ESBLY et qui fut transformé en vivier ou étang par le comte de CRECY, vassal du comte de CHAMPAGNE jusqu’en 1295 et du Roi ensuite.
  • Une île voisine, formée par la Marne et le Grand Morin, servait de pâturage aux troupeaux des paroisses d’ESBLY de CONDE-SAINTE-LIBIAIRE et d’ILES-LES-VILLENOY, c’était l’île de CONDE.

SEIGNEURIE

  • La seigneurie proprement dite d’ESBLY avait son siège au manoir qui, bâti sur une terre de l’Abbaye d’Hermières, comprenait dans son enclos la ferme des Petites-Hermières.
  • Les VAUDETAR, Chambellan de père en fils depuis Philippe de VALLOIS, avaient obtenu du Roi CONDE-SAINTE-LIBIAIRE, ESBLY et MONTRY au moment où Barde de VAUDETAR épousa Jean De REILHAC, d’une autre famille de Chambellans (1436-1500).
  • Le Roi détacha plus tard la Seigneurie d’ESBLY du domaine des De REILHAC pour donner à un certain Antoine Chambellan.
    Elle passa en 1630 entre les mains de la famille CHARLET, noblesse de robe qui portait d’or à l’angle de sables.
  • L’un de ses membres Etienne 1er, acquit par échange le fief de la Cour d’ISLES-LES-VILLENOY, à cause du bac sur la Marne, entre ISLES et CONDE-SAINTE-LIBIAIRE. La maison CHARLET conserva ses deux seigneuries jusqu’en 1778.
  • A cette date elles furent adjugées au Prince Louis De ROHAN, seigneur de COUPVRAY. La prairie du vivier avait été vendue en 1742 à son oncle, le Cardinal de REIMS.
  • Enfin en 1791, le Marquis d’ARVILLIERS racheta ESBLY dont il fut le dernier Seigneur. Son vendeur Louis De ROHAN, seigneur de COUPVRAY, alla s’éteindre en 1803 à ETTEINHEIM.

LE CHATEAU

Le château d’ESBLY, reconstruit en 1662 par Etienne II CHARLET, fut rasé.

 

L’EGLISE SAINT-JEAN BAPTISTE (XVIIe)

D’après le dictionnaire de Seine et Marne de Stern et Hubert, c’est vers 1140 qu’apparaît la première mention sous la forme Capela Esbeliaci de ce qui n’était encore qu’un hameau de la paroisse de Saint-Germain-lès-Couilly (ou Saint-Germain-sous-Couilly). Esbly a porté plusieurs noms au cours des âges : Abeli, Abelicium, Esbliaco, Esbliacum, EBeli, Ebli. La commune porterait son nom actuel d’Esbly depuis 1789.

Une chapelle fut érigée en 1185 par l’Evêque de Meaux, Simon de Lizy. Un chapelain venait officier le dimanche. L’église, présente aujourd’hui sur notre commune, fut rebâtie sur un terrain donné par Monseigneur Charlet, Seigneur d’Esbly. Elle fut inaugurée le 24 juin 1692

Jusqu’au XIIe siècle, la localité relève de l’archevêché de Sens et sa seigneurie de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, qui possède en outre le territoire de Saint-Germain-les-Couilly dans lequel Esbly se trouve englobé à Montry. Les droits féodaux de la paroisse sont très morcelés. Outre les religieux de Saint-Germain-des-Prés, le seigneur de Crécy, l’abbaye de Sainte-Geneviève et par la suite celle de Couilly, se partagent les biens et les droits seigneuriaux attachés aux terres d’Esbly. La population croit fortement depuis le XIXe siècle grâce à la construction d’une gare en 1870 et ne souffre pas de l’exode rural. En 1974, l’aménagement du coteau dit des Champs-Forts permet un nouvel accroissement démographique.

eglise3

L’église a été édifiée par l’abbé-prieur de Verdelot et seigneur du village à l’emplacement du pressoir banal. Il s’agit d’un édifice à trois nefs. L’abside est de forme semi-circulaire et porte la longueur de l’édifice à 26 mètres. Côté sud, les deux collatéraux s’achèvent par une façade en quart de cercle. Côté nord, les deux chapelles sont formées par la dernière travée de ces collatéraux et créent un transept. Une croix latine apparaît à l’extérieur. Le tiers inférieur du fût octogonal du clocher est plein et revêtu d’un bardage en ardoises. La partie haute renferme le beffroi et huit baies à claire-voie y sont disposées. On accède dans le clocher par une trappe dans le plafond au-dessus de la tribune. Le chœur de l’église abrite un retable de 1695 qui représente le baptême de Jésus par saint Jean Baptiste. Il est signé Labbé et porte l’aigle aux ailes déployées du blason Charlet, famille d’Esbly éteinte pendant la Révolution. Le maître-autel, avec ses portes latérales, date du XVIIe siècle. Le cul-de-four de l’abside a reçu un décor peint en 1935, œuvre de M. Camus, habitant d’Esbly, représentant le Sacré Cœur. Les retables des bas-côtés datent aussi du XVIIe.

Type d’Edifice: Eglise
Nom de l’Edifice : Saint-Jean-Baptiste
Siècle de l’édifice: XVIIe
Forme du clocher : flèche
Position du clocher : au-dessus de la façade, sur le toit

 

FOUILLES ET DECOUVERTES

On a mis à jour à ESBLY notamment des tombeaux celtiques et des monnaies anépigraphes en potain de la peuplade belge des Leuci, et au revers un sanglier avec une tête humaine dans les jambes.

 

PETITES NOTES D’HISTOIRE SUR ESBLY

Les lignes reproduites ci-dessous sont extraites d’une parution paroissiale dont nous avons retrouvé quelques exemplaires dans les archives de la Commune. Les éditions datent de l’année 1955.
Il nous a semblé intéressant d’en reproduire intitulée « Petites notes d’histoires sur ESBLY ».

Le paragraphe citant la famille Berthault trouve un écho inattendu dans les réalisations de la commune en 1988. Lors des manifestations du 18 juin de cette année, le buste du commandant Berthault a retrouvé sa place (il semblerait qu’il ait été dérobé lors de la dernière guerre) auprès des bâtiments du centre Marcel Fouillot qui abrite le Centre de Loisirs et la Maison des Associations. La restauration de ce buste nous a été demandée par M. Audran, personnage bien connu dans ESBLY pour son action dans notre vie associative et notamment son dévouement au souvenir des anciens combattants. Le moule de cet ouvrage, heureusement conservé par nos Anciens, a permis une reproduction fidèle de l’original.

En 1797, pendant le Directoire, ESBLY fut le théâtre d’une curieuse petite émeute locale.
L’instituteur, nommé Géligné, reçut de son administration, l’ordre de ne plus prendre part aux cérémonies religieuses. Il obéit à ses chefs, et refusa de sonner la cloche (celle qui a été descendue en 1938 et remplacée par Thérèse-Marie) ; il refusa également de chanter au lutrin, deux fonctions qui lui revenaient. Les habitants interprétèrent fort mal la chose, maltraitèrent ledit Géligné et le chassèrent du village. On n’y allait pas de main-morte.
Il fut remplacé dans ses fonctions par un autre maître nommé Vilquin. Celui-ci accepta les emplois à l’église ; il fut soutenu par la population, et garda sa place, en dépit d’une suspension prononcée contre lui par l’administration départementale.

eglise

En 1812, on célèbre le mariage de Jean-Pascal Berthault, marchand épicier, chevalier de la légion d’honneur (ancien soldat de l’Empire). Il devait avoir pour fils le Commandant Berthault une célébrité du village qui naguère y avait encore son buste de bronze, près des écoles et dont une ruelle en voie de disparition porte encore le nom.

En 1814, c’est l’invasion ennemie et la chute de l’Empire. Devant le danger les habitants de Jablines se réfugient à ESBLY.

En 1870, nouvelle occupation des Prussiens. Mais ces exercices n’étaient encore rien en face de la surprise de juin 1940, l’exode de toute la population, le retour de la longue occupation des soldats de Hitler.

Humblement blottie contre la colline et dans les méandres de la Marne, ESBLY en vérité n’a pas d’histoire et ne semble pas appeler à jouer un autre rôle que celui qu’on lui prête, à distance, en raison de ses rivières, rus et canaux : le paradis des pêcheurs à la ligne.

histoire

  • Par la mise à jour de tombeaux, de monnaies de la peuplade Belge de Leuci portant sur une face une tête de sanglier et sur l’autre une tête humaine dans des jambes, nous savons que les Celtes ont vécu dès le VIème, Vème avant Jésus-Christ sur le territoire d’ESBLY.
  • ESBLY a porté plusieurs noms au cours des âges : Abeli, Abelicium, Esbliaco, Esbliacum, EBeli, Ebli, enfin ESBLY.
  • Jusqu’au 12ème siècle, la localité releva de l’archevêché de Sens et sa Seigneurie de l’abbaye de Saint-Germain-Des-Prés qui possédait le territoire de St-Germain-Les-Couilly dans lequel Ely se trouvait englobé à Montry.
  • Une chapelle fut érigée en 1185 par l’évêque de Meaux, Simon de Lizy, où un chapelain venait officier le dimanche.
  • Les abbayes de Ste-Geneviève de Parie et Pont-aux-Dames possédaient quelques terres à ESBLY (notamment la prairie qui s’étend du bas de Coupvray au Pont d’ESBLY) qui furent transformées en Vivier par le Comte de Crécy vassal du Comte de Champagne jusqu’en 1285 et vassal du Roi ensuite.
  • A cette époque les seigneurs d’ESBLY logeaient dans un manoir bâti sur une terre de l’abbaye d’Hermières.
  • Les Vaudetars, Chambellans de père en fils depuis Philippe de Valois l’avaient reçu du Roi de Condé-Ste-Libiaire, Montry et ESBLY lorsque Barbe de Vaudetar épousa Jean De Reilhac. Le roi détacha plus tard la seigneurie.
  • Elle devient une possession de la famille Charlet qui la conserva jusqu’en 1778. Les Charlet habitaient un château situé rue Victor Hugo.
  • Monseigneur Charlet, abbé de Verdelot et seigneur d’ESBLY fit construire sur un terrain qu’il donna à la paroisse, l’église actuelle inaugurée le 24 juin 1692. Près du sanctuaire, l’abbé Charlet fit déposer une cassette qui renfermait des pièces d’or et d’argent ainsi que toutes les monnaies qui avaient cours à cette époque. La cassette contenait en outre une pièce ornée du portrait de l’abbé Charlet fondateur sur une face et le portail sur l’autre.
  • En 1742 la Prairie du Vivier a été vendue à l’oncle du Prince de Rohan : le Cardinal de Reims.
  • Quelques années plus tard, en 1778, le domaine des Charlet fut adjugé au prince Louis de Rohan Seigneur de Coupvray.
  • Le dernier seigneur d’ESBLY : le Marquis d’Arvilliers racheta les terres vers 1791.
  • Sur le côteau sud de la ville que l’on appelait alors la « petite Bourgogne » (actuellement rue des Vignes), le marquis possédait une vigne dont le cru était l’un des plus apprécié de la Brie.
  • Vers 1893.1895, ESBLY devient comme beaucoup de villes une « commune républicaine » dont le premier Maire fut Claude Frager.
  • La population de la ville augmenta au cours des siècles. La construction de la gare en 1870 favorisa l’expansion du bourg qui comptait à cette date 400 habitants. En 1894 notre commune comptait 600 habitants ce qui amena la création du bureau de poste, d’une brigade de gendarmerie à pied, de services omnibus desservant Crécy, Couilly, Quincy et Coupvray. En 1974, cent ans plus tard, l’aménagement du côteau dit « les Champs Forts » augmenta brutalement la population. En 2007, la « Résidence des Vergers » achève l’urbanisation du côteau. A ce jour, Esbly compte 6065 habitants (au 1er janvier 2015).
XIIéme – Paroisse de St Germain Les Couilly dépendant de l’Abbaye de St Germain des Prés de Paris.
1177 – Abbaye de St Germain des Près Paris
1217 – Guillaume de Nemours Evêque de Meaux
1226 – Abbaye du Pont aux Dames
1259 – Gaucher de Chatillon Seigneur de Crécy
1300 – Guillaume Potel et Jeanne de Montgodefroy
1333 – Jean de Couternois Ecuyer-Guyot de Mailly
1394 – Jean Meunier Clerc des comptes
1450 – Jean Duhamel
1461 – Jean Le Boulanger président du Parlement de Paris
1500 – Pierre de Vaudetar et AntoinetteBaillet. Conseiller du Roi au parlement et Vidame de Meaux.
– Madame était dame de Charmentray de Trilbardou, de Condé et des Hautes Maisons de Montry.
– Guillaume de Vaudetar fils aîné
– Barbe de Vaudetar sœur de Guillaume dame des terres d’ESBLY Condé Mareuil et les Hautes Maisons qu’elles portent en Mariage à Jean de Reihlac fils d’un conseiller secrétaire du Roi ambassadeur sous Louis XI.
– Antoine Chambellan
1530 – Famille Charlet de noblesse de Robe portant d’or à l’Aigle de Sable.
1562 – Etienne Charlet conseiller au Parlement. Président aux enquêtes. Maître des requêtes ordinaire de l’Hôtel et du Conseil de la Reine Mère du Roi, présente de soir Manoir au Roi.
1565 – Par suite d’échange avec Antoine de Belloye, il devient possesseur de la Cour d’Isles les Villenoy du droit du Bac pour traverser la Marne entre Isles et Condé et du péage du Pont d’ESBLY sur le Morin (un arrêté du Conseil d’Etat du Roi en ordonne la suppression longtemps après, le 1er août 1745)
1662 – Etienne Charlet, lui aussi Conseiller au Parlement de Paris du réparer son château et sa ferme lorsque le calme fut rétabli après les troubles de la fronde.
1675 – Etienne Charlet, encore un autre, achète la part de Guillaume Charlet et de Mde Jassand une sœur.
1690 – Jacques Charlet aumônier du Roi prieur de Saint Hilaire d’Eu et de Verdelot, qui fit reconstruire l’église d’ESBLY de 1690 à 1692 à ses frais et sur son propre terrain.
1714 – Etienne Pierre Charlet chevalier Seigneur d’ESBLY offre aux habitants la « Prairie d’entre les deux Prés » pour permettre de laisser paître leurs animaux aux plus démunis d’entre eux, se réservant seulement le droit d’y planter des arbres.
1728 – Mme Veuve Charlet sa belle sœur, Dame du Village créa une avenue en face de son château dont le parc bien planté s’étendait derrière les habitations en longeant le Morin.
1765 – Louis Henri Charlet Président de la deuxième chambre des Enquêtes au Parlement. Il concourut avec Mr Bernier Curé de la Paroisse à l’agrandissement de la Maison d’Ecole.
1778 – Les Terres d’ESBLY et de la Grand’Cour d’Iles les Villenoy mises en adjudication au Châtelet de Paris furent acquises moyennant 317.810 livres 5 sols par Louis Pierre Edouard Prince de Roohan Guémence, le Prince Louis comme l’appelait Cardinal Evêque de Strasbourg Grariot aumônier de France.
1791 – En l’Etude de Mde Rouen, notaire à Paris, le Prince de Rohan vendit le tout (c’est à dire Coupvray, ESBLY et les terres de Montry) à Monsieur Jean Louis Tourteau d’Orvilliers, Marquis d’Orvilliers, pair de France demeurant à Paris au 12 Rue Basse des Remparts et à Monsieur Tourteau de Septeuil. L’année suivante ce dernier était déclaré émigré, le château de Coupvray séquestre pendant un certain temps servit à loger des prisonniers de guerre. Durant ce temps, l’ancien Hôtel Seigneurial d’ESBLY déjà inhabité depuis un certain nombres d’années avait disparut. Le château de Coupvray fut restitué à Mr d’Orvilliers qui vécut dans la retraite sous l’Empire s’occupant d’agriculture et élevant dans sa ferme un superbe troupeau de Mermos. Pair de France conseiller d’état au retour des Bourbons et maintenu dans ces titres par le gouvernement de juillet le Châtelain de Coupvray et d’ESBLY est mort à Paris en Mai 1832 à l’âge de 72 ans.
1864 – Partage de la succession entre Mme d’Orvilliers et ses deux filles Mme la Comtesse de la Tour du Pin La Charce et Mme d’Andlau Coupvray et le reste à Mme la Marquise de Turenne d’Aynac née de la Tour du Pin.
1867 – Monsieur le Comte de Turenne
1869 – La propriété a été acquise par Mr le Duc et Mme la Duchesse de Trévise.
1891- Mme la Comtesse Bataille de Mandelot née Aglaé Béatrix de la Tour du Pin la Charce est propriétaire de la ferme et des terres d’ESBLY et de Montry.
1910 – La commune d’ESBLY représentée par Mr René Henri Auguste Arnous Dessaulsaye docteur en médecine, maire d’ESBLY rachète aux héritiers de la Famille Bataille de Mandelot, sur un terrain communal cadastre n° 1337 au lieu dit  » La Prairie  » joignant l’ancien Jeu d’Arc, tous droits de quelque nature qu’ils puissent être sans exception ni réserve sur lequel sont complantés des peupliers.
1922 – De des terres d’ESBLY et de Montry propriété de Mr André Louis Marie François Emmanuel Comte Le Coat de Kerveguen Seigneur de Coupvray vendues en l’étude de Mr Collet Notaire à Paris à la société Bernhein Frères et Fils (Emile-Edmond et André)

blasonARMOIRIES DE LA VILLE D’ESBLY

D’or, Aigle aux ailes déployées au chef d’azur(1), chargé de trois fleurs de lys d’or.(2)

 

(1) Blason de la famille CHARLET seigneur d’ESBLY du XVIIIème siècle
(2) le territoire d’ESBLY faisait partie au moyen âge de l’Abbaye de Saint-Germain des Prés.

« LE PONT EN BOIS » ou « PONT SUSPENDU »

Le Canal de Chalifert est en activité depuis plus de 150 ans. Reliant les deux extrémités d’une boucle de la Marne, il permet une circulation fluviale entre la Seine et l’est de la France. Le Pont d’Esbly est l’un des derniers ponts en bois, quasi d’origine, traversant le canal.

pontOuvrage construit entre 1845 et 1850, il a une double particularité : une association de deux matériaux, le bois et la pierre, et un procédé novateur pour l’époque puisqu’il est suspendu : deux câbles transversaux maintiennent les poutres latérales par deux jeux de vingt et une suspentes.
D’une ouverture de 28 mètres, le tablier en chêne livre passage à une voie de 3,35 m.
Sur chaque rive, une culée massive en maçonnerie de moellons est appareillée pour laisser passer les deux câbles.
Ceux-ci s’engouffrent ensuite dans 2 regards contenant des contrepoids.

Une inspection technique faite en avril 2004 a révélé différents désordres sur l’ouvrage, mettant en doute sa stabilité, d’autant qu’il est ouvert à la circulation piétonne mais aussi aux véhicules de moins de 1,5 tonnes.
Les consultations des entreprises ont été faites en août 2004, mois peu stratégique pour les appels d’offres dans la mesure où bon nombre d’entreprises sont fermées, et beaucoup de personnes de la SEGEX sont en vacances.
Le dossier de consultation, peu épais et peu documenté (comme cela arrive assez souvent), ne présentait aucune orientation sur le type et la nature des travaux à réaliser, si ce n’est sécuriser l’ouvrage. Il fallait proposer des travaux de réparation en mettant en valeur l’expérience et le savoir-faire de l’entreprise.

pont2

Toutes les possibilités pouvaient être envisagées : cas peu évident pour moi à ce moment, car j’avais rejoins l’équipe du bureau d’études depuis quelques mois, et jusqu’alors, les études faites avaient des cadres bien définis (bienvenue aux études…).

Visite du site : petit coin de nature sous un soleil d’août (c’est sûr, cela change des visites des égouts). Celle-ci a permis de délimiter les possibilités.
Restait à définir les procédés de réalisation.

Dès lors, un travail d’équipe, notamment avec Pascal BLANCHERI, qui par la suite a suivi le chantier, a permis de proposer un devis tenant compte d’une base mettant en valeur les réparations impératives, et diverses options apportant à l’ouvrage plus de sécurité et d’esthétique.

Le dossier administratif présentait également certaines difficultés à connaître les pièces attendues (consultation, devis, appel d’offres ouvert ou restreint). Les informations manquaient, mais Marie-Ange GODEAU nous a préparé un dossier solide correspondant au mieux à notre offre.

Les travaux ont débuté le 10 mai 2005. Ils ont été réalisés en plusieurs phases :

  • Nettoyage général de l’ouvrage, retrait des terres stockées entre les lames du tablier
  • Nettoyage des culées, réparation des trous existants dans la pierre de taille, reprise des jointoiements des pierres
  • Amélioration de l’étanchéité sur les rampes d’accès, et repose des pavés
  • Restauration de l’ensemble tablier – poutres de maintien et câbles de suspente : changement des lames du tablier, des quatre poutres cantilever qui raccordent l’ouvrage en bois aux culées en pierre
  • Traitement des fissures des poutres de bois
  • Traitement fongicide et insecticides de tout l’ouvrage

Les travaux ont été réalisés en maintenant la circulation :

  • Fluviale sous l’ouvrage en permanence
  • Piétonne en permanence
  • Des véhicules en dehors des heures de travail

Les travaux se sont terminés le 8 juillet 2005.

F.DAGNAS

Vidéo du pont de bois


LE PONT DE LA MARNE

pont4HIER

Le premier pont fut achevé en 1859. Jusqu’à cette époque, l’unique moyen pour passer d’une rive à l’autre de la Marne était de traverser à la rame ! L’ouvrage comportait une pile centrale et deux arcs métalliques. Il fut malheureusement détruit en 1870 lors de la guerre avec les Prussiens. L’ouvrage fut rétabli en 1873, mais ne connu pas un meilleur sort : il fut saboté en 1914-1922, toujours à deux travées, mais cette fois en maçonnerie. Comble de malchance, le nouvel ouvrage subit le même destin au cours de la guerre 39-45.
En effet en 1940, l’armée française le fit sauter pour freiner la progression des Allemands. Cette délicate mission fut confiée à un ingénieur du Génie du nom de Jean Sauvy.
Dans son journal de bord, le jeune homme racontera ce que fut pour lui ce premier acte de résistance : « Placé le 11 juin à la tête d’une section de sapeurs, secondé par un sergent, je me mets immédiatement à l’ouvrage, appliquant sans trop de mal sur le beau pont d’Esbly, les méthodes de minage que j’ai maintes fois répétées sur les ponts de chemin de fer de Paris à Versailles, à l’entrée de la ville ».
Une nouvelle passerelle en bois fut mise en place. Malgré sa vétusté et son interdiction aux véhicules de plus de 8 tonnes, il servit au franchissement de la Marne, les 27 et 28 août 1944, aux chars américains de 35 tonnes de l’armée du général Bradley !

pont3AUJOURD’HUI

Le pont que nous connaissons, réalisation de l’ingénieur français Eugène Freyssinet, fut mis en service en 1949. D’une seule portée, il mesure 74 mètres. Particularité de l’ouvrage, l’utilisation de la technique du béton préfabriqué et précontraint (évitant les distorsions et les fissures), mise au point par Freyssinet lui-même.

A ce sujet, Esbly peut s’enorgueillir de posséder le premier grand pont au monde de ce type. Il servit d’ailleurs de prototype à la construction de quatre ouvrages identiques à Tribardou, Annet sur Marne, Ussy et Changis-sur-Marne. Tous les cinq ont été fabriqués dans une usine provisoire à Esbly, en bordure du canal de Chalifert, le long du chemin des Aulnoyes. Aujourd’hui, on peut encore apercevoir les vestiges de l’usine, près du stade municipal d’Esbly.
Le souvenir du franchissement du pont a été marqué par une première plaque de commémoration installée sur la passerelle en bois puis, par une deuxième scellée le 27 août 1950 sur le parapet du pont actuel, côté Esbly. Celle-ci fut malheureusement détruite lors d’un accident de la circulation. A l’initiative du Souvenir Français, une troisième plaque fut inaugurée le 27 août 1994, lors d’une cérémonie commémorative du 50ème anniversaire de la libération d’Esbly.
Aujourd’hui, le pont est quotidiennement emprunté par de nombreux automobilistes mais il n’est pas rare de croiser quelques pêcheurs aux bords de l’ouvrage.

VOUS AVEZ DIT COMMANDANT BERTHAULT ?

berthaultNombre d’Esblygeois se demandent sûrement qui est ce militaire qui a donné son nom à une rue de la ville, et certains n’ont sûrement jamais prêté attention aux deux bustes existants de ce personnage ; l’un entre le Centre de Loisirs et la Perception, l’autre dans la salle du conseil municipal. Et pourtant cet Ernest, Stanislas BERTHAULT fils de Jean-Pascal épicier d’Esbly, ancien soldat de l’empire et d’Emilie, Victorine SISSONGE a vu le jour le 26 février 1845 dans notre cité et eu une vie hors du commun.

Il devient bachelier après de brillantes études et à vingt ans est titulaire de plusieurs diplômes et pas des moindres :

– Bachelier es lettres
– Bachelier es sciences
– Bachelier es arts
– Lauréat du grand concours de mathématiques en 1865
– Diplômé de l’école professionnelle de Melun
– Officier de l’instruction publique Membre de la société géographie, excusez du peu !

Il désire accéder à l’école supérieure militaire de Saint-Cyr. Une demande de bourse et trousseau est formulée auprès de la municipalité. Le conseil délibère et recommande à la bienveillance de « Monsieur le Ministre » le jeune Berthault !

Il entre au 14ème de ligne le 4 novembre 1865 comme engagé volontaire, puis sert au 81ème RI, avant d’intégrer l’école impériale spéciale militaire le 22 octobre 1868 en qualité d’élève.
Caporal, puis sergent, il en ressort au 38ème rang sur une promotion de 259 officiers, gagnant au passage le prix de meilleur tireur de l’école !

berthault2Promu sous-Lieutenant au 92ème de ligne le 14 août 1870, il effectue aussitôt de nombreuses campagnes en Algérie, Tunisie et en Afrique noire jusqu’en 1884, où il exécute également des missions topographiques.
Capitaine en novembre 1874, nommé officier d’académie le 14 juillet 1880 et fait Chevalier de la Légion D’Honneur le 13 juillet 1881, il est également titulaire de la médaille d’Honneur Sauvetage !
Dès 1885, on le retrouve au Tonkin (delta du fleuve rouge, région nord du Vietnam) juqu’en 1888. Fait officier de la Légion d’Honneur le 28 novembre 1889, il retourne au Tonkin en 1891 comme Chef de Bataillon attaché à l’Etat Major Général.

Il y décède le 31 mars 1892 d’une péricardite à l’hôpital de Hanoï.

Expert en cartographie, ses différents chefs de corps l’ont toujours noté comme un officier rigoureux, dévoué, serviable, d’une instruction scientifique des plus variées et des plus étendues. C’est un érudit disaient ils !

La commune d’Esbly, pour lui rendre hommage, a élevé un monument à sa mémoire le 30 septembre 1895. Ce buste en bronze fût enlevé par les Allemands en 1942. Ce n’est qu’en 1988, le 18 juin jour symbolique s’il en est qu’il fût réinstallé après restauration devant les personnalités civiles et militaires.

Le Commandant BERTHAULT est également Officier du Cambodge, Médaille du Tonkin, Officier de l’ordre de Nichau Iftikhar(1), Commandeur de l’Annam(2) et fait l’objet de plusieurs citations.

Voilà, maintenant que vous en savez plus. Quand vous passerez devant le monument du Commandant BERTHAULT, peut être le regarderez vous différemment ?

Portrait dressé avec l’aide du Comité du Souvenir Français d’Esbly.

(1) Tunisie
(2) Région du Vietnam.

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